Jumelage Ganshoren Rusatira
32ème année – n° 11, 12

Novembre Décembre 2017

mercredi 15 novembre 2017 par Webcomité

Editorial :

 Un cadeau pour les fêtes ? Pourquoi pas un livre qui ouvre les idées sur le Sud…

La période des fêtes commence, de la Saint-Nicolas jusqu’aux Étrennes de fin d’année, en passant par Noël.

Vous cherchez sans doute un cadeau à offrir ? Voici une idée qui évite tous les ennuis, indigestion, cholestérol, maux d’estomac et addictions diverses : offrir un livre ! Pour vous ouvrir l’esprit et le cœur, aiguiser l’intelligence, mieux rencontrer l’humanité, bref un livre qui parle de solidarité nord-sud. Voici trois possibilités.

D’abord un livre qui nous parle de cette région des Grands Lacs, une histoire un peu (mais pas du tout entièrement) autobiographique : « Petit Pays » de Gaël Faye (Livre de Poche 7,1 € Prix Goncourt des Lycéens 2016). Une histoire qui naît à Bujumbura, dans le milieu des coopérants qui ont épousé – un peu ou beaucoup, à vous d’en juger - cette magnifique région. L’histoire est vue par un enfant, qui en découvre les ‘petitesses’, et surtout - si on lit bien – nous partage sa profonde conviction humaniste pour la paix dans toute la région.

Ensuite un livre plus général par son sujet « Agir sur les évolutions démographiques » de John May (7 € cf. //academie-editions.be/catalogue/61-evolutionsdemographiques.html aussi sur Youtube). Cette synthèse des ouvrages d’un démographe belge de renom international est plus scientifique, mais tout aussi humaniste : la croissance de population actuelle en Afrique noire est une évolution maîtrisable dans le respect des règles de démocratie et des droits de l’homme, et qui permet – peut-être - de gagner le ‘dividende démographique’ (les détails sont ici).

Mais vous serez séduits aussi par la plume alerte de Muhammad Yunus, Prix Nobel de la Paix (et Prix Roi Baudouin) comme créateur du micro-crédit avec la Grameen Bank. Il nous partage sa conviction dans « Vers une Economie à 3 zéros : zéro pauvreté, zéro chômage, zéro émission carbone » (JCLattès, 21,5 €). Un encouragement à réfléchir et à agir, on pense au projet Live et aux bourses pour étudiants à Rusatira-Kinazi.

Trois compagnons-outils pour des fêtes toutes en solidarité nord-sud, on vous les souhaite !

Gilles Labeeuw

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Réunion du comité du 7 novembre 2017

 Nouvelles et cadeaux des 45 ans reçus de Rusatira et projets annuels

Présents : Henri CANART, André DEMARQUE, Arlette et Gilles LABEEUW, Monique LEBOUTTE et Agnès STIERNET

Excusées:Karima SOUISS et Josiane ROMPTEAU

1. Fête du 17 octobre à Rusatira, et cadeaux reçus

  • Reçu une vidéo de la Fête du 17 octobre (Journée mondiale du Refus de la misère et 45 ans du Jumelage), où Nathalie Rucquois de ADA a lu les lettres de Ganshoren (cf Jumelage n° 10). On cherche à traduire la vidéo.
  • François Habimana a remis à Nathalie, au nom du comité rwandais, 1 cadeau aux couleurs nationales de la Belgique, 8 cartes de vœux et 4 paquets de café récolté à Rusatira (1 pour notre bourgmestre, 1 pour l’Echevine de la Solidarité, 1 pour le président, 1 pour le trésorier du comité), ceci pour partager la joie de l’anniversaire du jumelage. NDLR : le colis sera récupéré au retour de Nathalie de RDC.

cartes de voeux reçues pour 2018

  • Le colis pour Rusatira, contenant e.a. les prix du concours de dessins, déposé chez le transporteur fin juin, est arrivé à Kigali fin septembre et a été dédouané le 23 octobre. Les prix du concours de dessins n’ont donc pas pu être distribués le 17 octobre. Eugène a récupéré le colis le 30 octobre.

2. Projets : nombre d’étudiants du secondaire parrainés en 2018, feeding school et projet prioritaire

  • En 2017, le comité a payé le minerval de 20 étudiants dont 6 étaient en 6ème. En 2018 notre budget nous permet de soutenir encore 20 étudiants, le comité prévient le comité de Rusatira qu’il peut choisir 6 nouveaux étudiants et le comité donnera 80.000 FRW par étudiant et par trimestre pour répondre à une demande faite par le comité de Rusatira en 2017. L’argent sera envoyé après avoir reçu les résultats de élèves soutenus en 2017 et le nom des nouveaux étudiants sélectionnés par le comité de jumelage de Rusatira.
  • Dans le cadre du « feeding shool » le comité paiera comme en 2017 le repas de midi de 92 étudiants, 20 étudiants dans 4 écoles et 12 étudiants du groupe scolaire de Kinazi (repas plus chers).

3. Opération 11.11.11

Cette année nous ne sommes pas coordinateurs pour Ganshoren, quelques anciens vendeurs aident le groupe local de Berchem Sainte Agathe pour la vente au Basilix. Nous aidons aussi l’ADA, cette ONG a un nouveau projet social « LIVE » au Rwanda et notamment à Rusatira/Kinazi, ce projet est cofinancé par la DGD à 80% l’opération 11.11.11 aidera pour les 20% restants. Cette année le CNCD a changé la manière de distribuer l’argent récolté à 11.11.11 aux différentes ONG membres, chaque ONG recevra le double de l’argent qu’elle aura récoltée au cours de la campagne 11.11.11, cette somme elle-même doublée par le WBI, donc nous aidons l’ADA en vendant à la sortie des messes, vente à la maison communale (l’échevinat de la solidarité Nord-Sud), à la brocante aux jouets organisée aux « Tarins » et à la sortie de grandes surfaces à Kraainen.

4. Marché artisanal de Noël

Ce marché se tiendra à la « Villa » le week-end des 9 et 10 décembre de 10h à 19h. Nous y vendrons de l’artisanat rwandais (cartes de vœux en feuilles de bananiers, crèches en bois et en feuilles de bananiers, vannerie, petits objets en tissu, colliers…) et des arachides grillées.

Nous avons établi l’horaire de vente pour les 2 jours (André, Agnès, Josiane, Monique, Arlette et Gilles).

Claude amènera et reprendra le matériel de vente, Gilles et Arlette monteront le stand.

Nouvelles de Rusatira-Kinazi

 Des réponses à nos questions sur les projets annuels en cours

François Habimana a cherché auprès des responsables les réponses aux questions de notre comité.

1. Petit projet à Gafumba : terminer une classe maternelle plutôt que restaurer le toit de la chapelle

Question : initialement (voir Jumelage n° 10), notre soutien avait été demandé pour restaurer le toit d’une ancienne chapelle destinée à servir de réfectoire à l’école de Gafumba, mais au moment de réaliser les travaux, le projet a été abandonné vu le mauvais état du bâtiment, au profit de l’achèvement d’une classe maternelle. Notre comité avait regretté l’examen sérieux si tardif, et avait demandé les mêmes renseignements que pour les autres petits projets annuels : fonctionnement, propriétaire, rôle des parents, etc.

L’effectif des enfants de maternelle s’élève à 45. [La classe est dirigée par] un ‘guide’ qui respecte les directives de l’école comme les autres enseignants et suit le programme du Ministère de l’Education. Il y a un comité de gestion des parents des enfants, chargé du suivi et de recueillir les cotisations pour payer le guide.

Le propriétaire de la classe en construction est l’Etat comme tant d’autres bâtiments de l’école. Ce sont des parents qui ont pris l’initiative de commencer à construire après avoir constaté le besoin urgent, en concertation avec les autorités (cellule, secteur, direction d’école).

Dans leur planification, ils ont prévu la part de chaque partie prenante et les subventions. Et à la fin des travaux, les parents et les autorités remettront le local construit dans les mains de l’école. terminer une classe maternelle à Gafumba

Coût total du projet est à 4 157 803 Frw. [± 4.200 €]

Les travaux déjà réalisés ont une valeur de 1 383 850 Frw [± 1.400 €] pour l’achat du ciment, fer à bêton, main d’œuvre, planche, du bois, sable et moellon. Jusque là, ce sont des contributions locales [voir la photo avec le directeur du groupe scolaire].

Pour des travaux qui restent, ils ont besoin encore 2 773 953 Frw [± 2.800 €]. Vu la situation, les dirigeants de secteur et de l’école ont proposé au comité de jumelage d’utiliser le montant de 720 000 Frw [± 730 €] (destiné au projet de réfection du toit mais qui n’est plus d’actualité) pour [achever déjà] la toiture. Prochainement ils planifient de faire l’huisserie puis le finissage, crépissage, pavement et y mettre des tableaux noirs etc. […].

2. « Feeding school »

Question : quelle est la composition des repas de midi, est-il aussi une possibilité d’encourager une meilleure alimentation, dans l’esprit des « kitchen garden » ; légumes ? fruits ? riz ? autres ?

Oui, la meilleure alimentation est encouragée car à chaque repas ils préparent des haricots et des légumes fraiches, du riz ou pattes de maïs. Quelques fois ils prennent aussi des fruits. Beaucoup d’écoles ont installé des jardins potagers pour trouver assez de légumes pour nourrir leurs élèves mais ils n’ont pas assez de fruits.

3. Soutien en médicaments au Centre de santé

Question : pour améliorer l’autonomie à terme du centre de santé, peut-on envisager par exemple de faire planter des pousses d’arbre par les jeunes soutenus par le Jumelage, de manière à assurer à terme des revenus et plus d’autonomie au centre de santé et poste de santé.

Les centres de santé ne possèdent pas assez d’espace pour y planter des fruits. Dans la sensibilisation à l’alimentation équilibrée en famille, le centre de santé travaille avec des organisations partenaires dans ce domaine. Ces organisations distribuent des arbres fruitiers dans des ménages qui les plantent dans leurs propres champs pour la bonne alimentation en famille. Aussi ils donnent des formations sur la nutrition et des démonstrations culinaires qui se font dans des villages.

Dans le même ordre d’idée, le comité peut encourage les écoles à planter des arbres fruitiers et faire beaucoup de kitchen garden car elles ont au moins d’espace par rapport au centre de santé. Mais ça demande un budget pour l’achat des plants d’arbres.

Mieux comprendre le Sud

 Le dividende démographique, une opportunité pour l’Afrique et le Rwanda

Un jumelage permet la réflexion à tous niveaux sur les partenariats nord-sud et la coopération. En particulier, cette réflexion peut s’intéresser à un des fondamentaux du développement : la démographie.

Elle est en effet indispensable, car pour améliorer l’enseignement, l’alimentation ou les soins de santé de façon efficace, il faut connaitre avec précision l’augmentation de la population dans les décennies à venir. Multiplier les écoles ou la nourriture par 2 sur 50 ans, n’a aucun sens si la population est multipliée par 3 !

John May, démographe belge de niveau international [1], a présenté récemment à l’Académie royale de Belgique la situation démographique actuelle des pays d’Afrique noire, et ses magnifiques opportunités.

Le dividende démographique est une conséquence possible, mais pas automatique, de la ’transition démographique’ que les pays du monde connaissent les uns après les autres depuis le milieu du siècle passé. Le graphique [2] montrant l’évolution dans le temps des taux de natalité et de mortalité dans la population d’un pays, explique assez bien le processus le dividende démographique

En phase 1, la natalité est très forte, mais la mortalité aussi, et donc l’accroissement de population (natalité moins mortalité) est faible.

Quelques décennies après, le pays arrive en phase 2, où la mortalité diminue fortement grâce surtout au progrès médical, mais le nombre de naissances reste élevé (par ex. 4 à 7 enfants/femme).

En conséquence, la population croît, surtout celle en âge d’activité (18-65 ans), alors que la population inactive des plus de 65 ans et des moins de 18 ans reste faible (car ils ont connu la mortalité de la phase 1), et ce d’autant plus que le nombre de naissances tend petit à petit à diminuer, aidé par les programmes de planification familiale, dans la transition entre phase 2 et phase 3.

Dans cette phase de transition, le pays a donc par ex. 5 ou 6 citoyens « en âge d’activité » pour 1 citoyen inactif, alors qu’en Belgique ce nombre est de 2 « en âge d’activité » pour 1 inactif. Le pays a donc là une opportunité énorme, des citoyens en âge d’activités qui peuvent travailler pour améliorer la situation du pays, sans devoir se préoccuper des inactifs âgés ou jeunes qui sont peu nombreux.

Le pays a une opportunité d’organiser ce travail de la population : il doit comporter nécessairement l’amélioration des soins de santé et de l’enseignement (pour garantir l’évolution future du pays), il doit éviter les dépenses qui ne créent aucun patrimoine (armements, palais somptueux). Il doit surtout créer du patrimoine économique et social (agriculture, élevage, entreprises, services) et créer des richesses - collectives, coopératives, des ménages, en luttant aussi contre la pauvreté. La vie des générations futures du pays – moins nombreuses mais au meilleur niveau de vie - sera mieux garantie.

Les jeunes pays d’Asie (les ‘Tigres’, la Thaïlande) puis d’Amérique latine (Brésil, Argentine…) et d’Afrique du Nord (Tunisie) ont pu réussir cette évolution et ont pu toucher le ‘dividende démographique’.

Certains pays d’Afrique se sont lancés sur cette même voie, comme l’Ethiopie, le Malawi et … le Rwanda. Et les publications de John May montrent que les voies politiques pour y arriver sont multiples, sans politique coercitive et dans le respect des droits de l’homme. Le lecteur curieux pourra consulter :

[1] John F. May a travaillé notamment pour le Futures Group International, la Banque Mondiale, le Center for Global Development, le Population Reference Bureau (PRB). Il a professé dans différentes universités d’Europe et des USA, et a rédigé seul ou en collaboration plusieurs ouvrages de référence sur les politiques démographiques cf. https://lacademie.tv/conferenciers/john-may

Il est membre de l’Académie Royale de Belgique. Il est aussi, avec son épouse, sympathisant du Jumelage Ganshoren-Rusatira.

[2] Extrait de http://slideplayer.fr/slide/3186184/ in « le Sénégal peut-il bénéficier du dividende … » de Mr Ibrahima Diagne.


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