Jumelage Ganshoren Rusatira
34ème année – n°1

janvier 2019

mercredi 2 janvier 2019 par Webcomité

EDITORIAL

 Joies et Santé dans la Solidarité Nord-Sud pour 2019 ! ….

… c’est ce que nous vous souhaitons, et utilisant un beau symbole :

Manneken-Pis, dans son musée garde-robe de la rue du Chêne (10h-17h sauf lundi), nous montre que l’on peut mêler deux cultures dans ce qu’elles ont de plus profonds : le Manneken-Pis populaire et humoriste de Bruxelles, et le costume des danseurs Intore de la tradition respectée et enthousiaste du Rwanda.

Manneken-Pis Intore C’est avec la conviction profonde que cette multi-culturalité est possible, et que les solidarités aident à faire un monde plus agréable à vivre, que nous vous présentons ce mensuel.

Vous y trouverez les remerciements et les vœux des 20 étudiants de Rusatira-Kinazi parrainés en 2018,

des nouvelles sur le projet social et agroécologique LIVE,

et surtout le rappel des activités annoncées dans le n° de décembre :

  • samedi 23 mars 19h30, spectacle Pie Tshibanda, Hall des Sports PAF : 20€ (12 € -12 ans) Accueil, bar et petite restauration dès 18h

Réservation obligatoire 02/427.68.53 ou info@ganshoren-rusatira.be

Gilles Labeeuw

Rapport de la réunion du 10/12/2018

 Une réunion de bon augure pour le futur du Jumelage !

Présents : Clara BRACKE, Abderrahim CHERKE, Pierre KOMPANY, Arlette et Gilles LABEEUW, Monique LEBOUTTE, Josiane ROMPTEAU, Agnès STIERNET et Jacques VAN NECK

Pierre Kompany présent à la réunion Le président salue tous les présents, en particulier le nouveau bourgmestre – qui est aussi en charge de la solidarité nord-sud - et souhaite à tous le meilleur pour 2019.

1. Nouvelles de Rusatira/Kinazi

  • 4 membres du comité ont rencontré Cyprien, un des responsables du projet LIVE de l’APROJUMAP. Il a suivi une formation sur l’agroécologie de 4 mois à Gembloux (formation subsidiée par la DGD) les détails sont ici.

- Reçu un e-mail d’Eugène pour nous remercier de notre choix du nombre d’élèves qui seront parrainés en 2019 (23 élèves voir journal précédent) : « Veuillez transmettre nos vifs remerciements aux membres du comité de jumelage ainsi qu’à toutes les personnes qui contribuent à la réussite de votre noble mission. De notre côté nous allons essayer de poursuivre notre objectif d’aller vers les personnes les plus nécessiteuses en vue de rehausser leur dignité ».

2. Bilan du Marché de Noël (8-9 déc.)

Bilan positif comme en 2017 : ambiance conviviale, quelques personnes intéressées. Recette : 535,50 €

3. Voyage scolaire de Gwenaëlle à Rusatira

Gwenaëlle Legrand, petite-fille de Guy Demanet, fondateur du jumelage, organise un voyage scolaire avec sa classe de rétho au Rwanda du 30 mars au 8 avril. Ce voyage aura un aspect touristique, un aspect découverte de l’autre et aussi un aspect social, ils se rendront à Rusatira où ils participeront à la construction d’une maison pour sans abri. Il faut environ 1000 € pour l’achat des matériaux, Gwenaëlle a demandé une aide financière du jumelage ; le comité marque son accord pour la somme de 1.000 €, considère cela comme un petit projet et demandera comme pour les autres projets un devis à l’APROJUMAP. Le comité réfléchit aux cadeaux, petit matériel qui pourront être transportés. Gilles écrit à ce sujet au comité de Rusatira.

4. Soirée du jumelage le 23 mars 2019

Spectacle « Je ne suis pas sorcier » de Pie Tshibanda Le comité a discuté :

  • fixer l’horaire : ouverture des portes )à 18h : accueil, bar, petite restauration (sambusas, sandwiches,…à préciser lors d’une prochaine réunion) ; à 19h30 début du spectacle, durée +/- 1h30.
  • le prix d’entrée pour le spectacle : 20€ et 12 € pour les – de 12 ans.
  • publicité : affiches (Abderrahim et Gilles), prévoir un grand nombre, à mettre sur les panneaux communaux, bâtiments communaux, centres culturels, les commerçants à Ganshoren, Jette, Berchem…
  • aide pour le service et préparation des sandwiches : demander aux mouvements de jeunesse, Gwenaëlle
  • L’idée a été émise de faire un programme et l’aide de sponsors. A suivre à la prochaine réunion

5. Avis sur le projet ‘Bien dans mes baskets’

Le comité a été contacté par ce projet, qui rassemblerait des jeunes de 15 à 25 ans, de cultures différentes, autour d’une passion commune, le basket-ball. Deux équipes du basket-Ganshoren correspondraient avec 2 équipes de Huye/Butare de mars à juin par capsules-vidéo via un siteweb. En juillet les 4 équipes pourraient se rencontrer au Rwanda, à Butare pour la construction d’un terrain de basket ; ensuite il y aurait un tournoi sur le nouveau terrain avec les 2 équipes de Ganshoren, des équipes de Rusatira et d’autres.

Les derniers jours les jeunes visiteraient le Rwanda, à la rencontre des habitants, en livrant des matchs avec des équipes des villages visités.

Les jeunes du basket Ganshoren prendraient à leur charge les frais du voyage et de séjours, mais il le budget de construction du terrain, à Butare, devrait venir de l’extérieur. Notre comité ne peut soutenir ce projet financièrement, car il dépasse de loin nos moyens, avec peu de retombées pour Rusatira (matériel de sport).

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Nouvelles de Rusatira … et de Belgique

 Cyprien, formé en agroécologie à Gembloux, nous parle du projet LIVE

L’expérience des projets socio-agricoles depuis 2009

Ce 6 décembre, nous avons eu la chance de rencontrer Cyprien.

Cyprien UGIRUMURERA, né en 1975, a participé à tous les grands projets socio-agricoles réalisés depuis 2009 par l’ASBL rwandaise APROJUMAP, pilotés par l’ADA, et cofinancés par la coopération belge, à Rusatira, Kinazi et 4 autres secteurs au Sud-Rwanda, comme les projets Provacea, Solives, Repreco [voir les photos ci-dessous]

Cyprien Ugirumurera

Le projet LIVE vise l’agriculture durable et sécurité alimentaire

Le projet LIVE, démarré en 2017, entre dans la ligne de ces projets, mais il en diffère par la durée (5 ans, jusqu’en 2022, au lieu de tranches de 2 ans) et surtout par la volonté d’y appliquer les techniques les plus récentes dans le domaine de l’agriculture durable, c’est-à-dire axée sur le bien-être des générations futures.

L’objectif ultime du projet LIVE est la souveraineté alimentaire, l’alimentation des agro-éleveurs avant la vente à l’extérieur. L’Aprojumap a déjà des expériences, par exemple la création de la coopérative rizicole de Rusatira appelée Abatiganda (ceux qui ne se découragent pas). Elle produit 100 tonnes de riz par saison, qu’elle amène aux usines de décorticage et – selon les accords – récupère 30% pour sa propre alimentation, au lieu de jadis devoir en racheter.

L’agroécologie a semblé totalement adaptée au projet car le territoire est composé de beaucoup de petites parcelles agricoles, sans grandes étendues, et avec énormément de main-d’œuvre pour s’en occuper. C’est pour mieux préparer la mise en place des techniques d’agroécologie que Cyprien, un des responsables du projet LIVE, a effectué une formation de 4 mois à Gembloux, avec une douzaine d’autres responsables de pays africains et de Haïti.

Au programme, outre les cours, des séjours en immersion dans des fermes, avec analyses techniques et financières.

Au Rwanda, Cyprien assurera la formation de l’équipe du projet, qui à son tour transmettra les techniques aux paysans.

Quelques principes et techniques d’agroécologie à mettre en œuvre

  • éviter les pesticides et les intrants chimiques, qui sont chers, et créent des dépendances financières pour les gens
  • optimiser les ressources en eau et mieux organiser sa gestion sociale : éviter les pertes et l’érosion dans le paysage accidenté du Rwanda, par exemple en récupérant l’eau des toitures [cf petits projets] annuels des écoles].
  • intégrer des haies vives (et pas mortes) entre parcelles, car elles fertilisent le sol en fixant l’azote et le phosphore, éloignent les insectes, et protègent du vent les hauts plans de maïs et de sorgho.
  • travail du sol plus intensif, avec analyses ; un simpe échantillon de sol dans un verre d’eau apprend déjà beaucoup
  • pratiquer des cultures mixtes complémentaires, comme la culture mixte (haricots et maïs, qui sert de tuteurs et d’engrais aux haricots, ou légumes entre arbres fruitiers espacés), en se souvenant que « le sol est un être vivant »
  • encourager la culture de légumes, utiles à la santé, notamment via les ‘kitchen-gardens’ déjà célèbres
  • travail en coopératives, permet une meilleure organisation des talents et répartit les risques
  • utiliser surtout les semences locales, plus résilientes aux maladies que les produits vendus par les multinationales. En 2016-17, on a constaté que des semences importées ont été décimées par la mosaïque et par les cochenilles, alors que les semences locales bien sélectionnées étaient immunisées. LIVE vise les haricot, le maïs et le manioc.
Expériences (Repreco) : coopérativesExpériences (Repreco) : coopératives, diffusion de semences localesdiffusion de semences locales, légumes et culture mixte des kitchen gardenslégumes et culture mixte des kitchen gardens

Nouvelles de Rusatira-Kinazi

 Les étudiants parrainés nous écrivent, avec leurs points et souhaits 2019

En 2018, le jumelage a parrainé 20 étudiants orphelins et démunis du secondaire supérieur ‘spécialisé’ (sciences-math-etc, électronique, instituteur, production agricole) en internat hors Rusatira-Kinazi. Les autres études (primaire, secondaire inf. et sup. non spécialisé en externat) étant devenues gratuites. Ce parrainage est possible grâce au subside communal, aux recettes des activités, et aux donateurs. Et il est collectif, pour permettre à tout donateur sympathisant du jumelage d’y participer.

Presque tous les étudiants parrainés en 2018 (de gauche à droite) : ligne de 5 : Didier, Claire, Eugénie, Bosiane, Grâce.

étudiants parrainés en 2018 Debout : Jean Bosco, Jean Marie Vianney, Jean Paul, Jean Berchmans, Samuel, Tuyishime (finaliste 2017), Deborah, Samuel Nshimiyimana, Kellia, Noël, Donatien, Jean d’Amour, Claudine, Ariane, Faïda (photo avril 2018)

En cette fin d’année scolaire au Rwanda (janv-nov), nous avons reçu des nouvelles des 20 étudiants parrainés, bulletins et lettres.

Toutes les lettres remercient pour l’appui pour le minerval (env. 240 € / an, mais parfois un peu ‘juste’ pour certaines écoles), selon la tradition rwandaise (’God bless you’), et joignent leurs vœux pour la Noël et 2019.

Jean-Paul écrit même : ma Maman vous salue, elle aimerait vous connaître et vous souhaite la grâce de Dieu

L’anglais est de plus en plus soigné. Même en maçonnerie, il y a un cours ’anglais sur chantier’, mais le français reste 3ème langue.

Il y a des anecdotes. Jean-Marie Vianney – déjà aidé en 2016 par son équipe de football de Rusatira – est passé en humanités sportives de son école de Kabutare, et a pu commencer un stage au ’Mukura Victory Football club’ de Butare (cf wikipedia).

Les bulletins des étudiants en maçonnerie, en stage sur chantier à Muhanga, leur ont été déjà envoyés par Whatsapp (par GSM).

Le bulletin de Samuel 2 est bloqué, car avant d’être parrainé par le jumelage depuis 2018, il n’a pas payé tout le minerval 2017. résultats obtenus en 2018

Huit élèves achèvent leur cycle avec succès. Parfois très brillamment, comme Jean-Bosco, 1er de classe (71.8%) en section Maths-Economie-Informatique, qui écrit “j’étais malade en période de bloque, mais en période d’examen j’avais déjà été soigné’.

Pour plusieurs jeunes, il a fallu ainsi supporter et soigner les maladies. Ainsi Ange (absente de la photo), a dû quitter plusieurs fois l’école pour des douleurs et céphalées. Après des encéphalogrammes et des soins, une 2ème session lui a permis de passer en 6e

Tous les autres passent aussi à l’année supérieure, parfois brillamment comme Didier, Samuel 1 ou Marie-Claire, tous dans les premiers de classe, ou encore comme Bosiane, Grâce, Eugénie ou Claudine dont les efforts ont réussi.

Eugénie, qui sera en stage dans une école primaire en 2019, promet d’y travailler dur pour améliorer encore ses points.

« En 4ème, écrit Samuel 1, ma mère a commencé à me donner moins d’argent pour l’école. J’ai pensé que mes études touchaient à leur fin. Mais vous m’avez sauvé la vie. Pendant ce congé, je vais écrire des notices expliquant votre humanité, et les présenter au responsable de notre communauté et je pense qu’il appréciera ! J’entre en 6ème, votre soutien me donne la force de bien étudier ! ».


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