Jumelage Ganshoren Rusatira
31ème année – n° 5

mai 2016

samedi 21 mai 2016 par Webcomité

 Editorial : Le cheval de Troie, la fille en Inde, l’ampleur statistique et l’égalité des chances

J’avais beau essayer, mais le PC confié par mon petit-fils ne fonctionnait plus correctement. Pour tout logiciel indésirable éliminé, je recevais des tas de messages, publicités bidons ou offres de support. Par désespoir, je me rabats sur une offre d’aide plus sérieuse, en 8 langues, avec téléphone gratuit.

Une voix suave, francophone, pas trop lointaine, me convainc avec les détails techniques : le PC a chopé un ‘cheval de Troie’ qui aspire les virus, et la guérison est payante. Avant toute décision, et un peu piqué de curiosité, je me renseigne. ’Notre centre est ici à New-Delhi, où je termine un master en informatique, comme quelques autres étudiantes rwandaises’. Le dépannage a été cher mais parfait.

Ces masters en informatique font rêver les jeunes rwandais, on comprend mieux leur enthousiasme pour les études. Mais les besoins sont immenses : les secteurs de Rusatira et Kinazi qui recouvrent l’ancienne commune de Rusatira comptent 51.000 habitants, avec 15.000 jeunes en âge scolaire (cf le recensement statistique de 2012 publié sous //statistics.gov.rw/file/2907/download ?token=i09m0Bly).

Assurer l’égalité des chances pour ces jeunes des zones rurales, où beaucoup de familles vivent dans la pauvreté, n’est pas une sinécure. Mais il y a des initiatives. Les écoles de Rusatira-Kinazi ont ouvert de nouveaux bâtiments, il y a de nouvelles sections, et il est même question de la pose d’une fibre optique entre les écoles, centres administratifs et centre de santé de Rusatira-Kinazi.

Et le Jumelage fait sa part. Les petits projets que nous avons décidé de soutenir en 2016 visent à renforcer l’organisation des écoles (voir ci-après). Et sur les 14 étudiants orphelins du secondaire que nous parrainons cette année, il y en a 3 en section informatique ou électronique, dont 2 filles, et 6 autres en section avec maths fortes. Un petit coup de pouce qui peut se transformer en réalité, comme le montre cette rencontre avec la fille rwandaise de New-Delhi.

Gilles Labeeuw

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Rapport de la réunion du 26 avril 2016

 Nouvelles des étudiants et choix des petits projets

Présents : Henri CANART, Arlette et Gilles LABEEUW. Monique LEBOUTTE, Karima SOUISS et Agnès STIERNET

Excusée : Josiane ROMPTEAU

1. Nouvelles de Rusatira et des étudiants parrainés

  • Visite d’une étudiante de Ganshoren à Rusatira : Lucie Bricout a fait un séjour de 2 mois au Rwanda pour se documenter pour son travail de fin d’études dont le sujet est ‘la réconciliation’. Elle a rencontré Eugène, elle a passé une journée à rencontrer le comité de jumelage, elle a remis un colis provenant de notre comité et contenant des lunettes usagées et mesurées, une lampe solaire avec son panneau voltaïque. Elle a ramené notre commande d’artisanat rwandais. Le trésorier verse 130 € pour l’achat de cet artisanat. Elle est revenue ravie de son séjour au Rwanda, elle a eu un accueil très chaleureux et elle a écrit un article à ce sujet (voir ci-après) ;
  • Etudiants parrainés : François nous a envoyé le 15/03 un e-mail pour nous confirmé que les 6 élèves terminant leurs études secondaires en 2015 ont bien réussi l’examen de fin de 6ème (résultats à l’appui). En se basant sur les bulletins de 6ème, le comité avait versé les primes de fin d’études uniquement aux 3 élèves ayant plus de 50´ ; le comité décide donc de verser la prime aux 3 autres étudiants ; le trésorier fait un virement de 120 € (40x3).

Reçu un e-mail de François le 25 avril avec les résultats du 1er trimestre des 14 étudiants parrainés [ci-joint].

résultats des étudiants 2016

Avec aussi les lettres écrites par ces étudiants

Ils ont tous des résultats très satisfaisants sauf un Jean. En effet, Jean n’a pas pu terminer son trimestre à l’école d’agri vétérinaire car le minerval est plus élevé que le montant reçu et il n’a pas pu payer le supplément. François nous communique le minerval par trimestre pour cet étudiant. Le comité demandera à François s’il peut réintégrer l’école et paiera le supplément. Le trésorier verse 940 € pour le minerval du 2ème trimestre et 80 € pour le supplément de minerval.

  • le trésorier verse 900 € pour l’achat d’un 2ème colis de médicaments pour le centre de santé de Rusatia.

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2. Choix des petits projets soutenus à Rusatira en 2016

Le comité a reçu via le comité de jumelage de Rusatira et l’APROJUMAP des demandes de soutien à de petits projets à Rusatira, nous avons reçu 9 demandes, celles-ci sont bien explicitées et accompagnées d’un budget détaillé, nous en avons retenu 5, un 6ème projet est en attente d’explications supplémentaires et 3 sont refusés. Pour faire notre choix nous avons tenu compte des remarques de l’APROJUMAP et des limites de notre budget.

Ont été retenus (voir les descriptions détaillées) :

  • Ecole secondaire Ste Marie Kiruhura : achat de 2 grandes citernes complémentaires (rétention d’eau de pluie + citerne-filtre). L’école se charge de l’installation et de l’achat du matériel. Montant octroyé : 1850 €.
  • Groupe scolaire Maza : achat d’une citerne de rétention d’eau de pluie. Installation par l’école. 540 €
  • Ecole primaire de Buremera : achat de 2 citernes de rétention d’eau de pluie. Installation par l’école. 1080€.
  • Groupe scolaire de Buhimba : achat de 2 citernes de rétention d’eau de pluie. Installation par l’école. 1080 €
  • Groupe scolaire de Gafumba : Achat de 22 tables et 40 bancs pour le réfectoire. Part de l’école €. 1050 €.

Le trésorier versera les différents montants.

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3. Activités à Ganshoren

  • Marché Annuel (en septembre, date à préciser) : participation dans la tente communale
  • Petits déjeuners de la solidarité Nord-Sud (2 octobre) aux Tarins, avec le Wereldwerkgroep
  • Jubilé des 45 ans du jumelage en 2017 : à nouveau un concours de dessins à Ganshoren (tout public) et à Rusatira avec exposition à la Villa et remise des prix (endroit et date à déterminer). Panneaux du jumelage dans le haut de l’av. Van Overbeke, sur les poteaux placés en 2012 pour les 40 ans.

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Nouvelles de Rusatira-Kinazi :

 Petits projets choisis pour 2016 : améliorer la situation des écoles

Des projets encourageant le partenariat et travail local

Chaque année, les associations intéressées (écoles, groupes scolaires, centre de santé, coopératives, etc.) introduisent les demandes de petits projets réalisables en 1 an auprès du comité de Jumelage rwandais [photo].

Ecole de Kiruhura

Chaque dossier, avec le cachet du demandeur, a de 2 à 5 pages, décrit la demande et en indique le coût, en précisant la partie des travaux qui est exécutée par le demandeur (par exemple : la creusement des fondations des citernes), car nous voulons favoriser les réalisations en partenariat et le travail de qualité sur place (par ex. la fabrication de bancs d’écoles, fabriqués selon un cahier des charges). Le comité de Jumelage rwandais, aidé par l’APROJUMAP, étudie les dossiers et donne un avis sur les demandes.

Le comité de Ganshoren reçoit cette analyse, et fait son choix d’après les avis, les montants disponibles, en veillant à ce que chaque bénéficiaire ait son tour.

Voici les demandes retenues pour 2016 :

1. Ecole secondaire Sainte Marie de Kiruhura

Cette école abrite 420 élèves, tous internes dont 300 filles et 120 garçons. Les toitures des bâtiments libèrent une grande quantité d’eau de pluie, malheureusement, l’école ne dispose pas de citernes suffisantes pour stocker toute cette eau, une citerne servira à filtrer l’eau retenue. En ayant l’eau filtrée on écarte les maladies causées par la saleté.

2. Groupe scolaire de Maza : récupérer l’eau des nouveaux toits pour l’hygiène des enfants

Ecole composée d’une école maternelle, primaire et le 1er cycle du secondaire, les nouvelles classes n’ont pas de citerne pour récupérer l’eau de pluie.

Pour ce projet et les deux suivants, les raisons des demandes sont les mêmes : récupérer l’eau de pluie pour être capables de faire les différents travaux d’hygiène et protéger l’environnement. En effet, l’eau non récupérée qui s’écoule des gouttières provoque l’érosion, inonde les routes et cause des dégâts dans les maisons environnantes.

3. Ecole primaire de Buremera

L’école abrite 884 élèves et 12 enseignants !!!! L’école est à 3 km du robinet publique. L’école demande 2 citernes pour récupérer l’eau de pluie provenant du toit des 9 nouveaux locaux construits avec l’aide du gouvernement [voir photo de ces nouveaux locaux].

Ecole de Buremera

4. Groupe scolaire Buhimba

Grande école abritant 1566 élèves et 40 enseignants. L’école demande 2 citernes pour récupérer l’eau du toit de nouveaux locaux.

5. Groupe scolaire de Gafumba : tables et chaises pour assurer le repas de midi des élèves

Cette école comprend 3 sections : les maternelles avec 60 élèves, les primaires avec 900 élèves et le tronc commun (3 premières années du secondaire) avec 200 élèves. Depuis 2014 tous les élèves du tronc commun prennent leur diner à l’école car le gouvernement rwandais a constaté que les élèves qui commencent les cours le matin et qui rentrent chez eux le soir, ne peuvent pas bien suivre les cours de l’après midi sans rien manger. L’école a donc décidé de commencer avec le nouveau système et les élèves prennent leur repas à l’école grâce à la somme d’argent des parents remise à l’école. Cela cause un grand problème de manque de bancs et de tables. Les uns s’asseyent sur le pavé, les autres prennent leur repas debout dans le réfectoire. C’est pour cela que l’école demande notre aide pour l’achat de 20 tables et de 40 bancs, chaque table sera utilisée par 10 élèves qui s’assiéront sur 2 bancs de 5 places.

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Nouvelles de Rusatira-Kinazi :

 Lucie Bricout de Ganshoren, visite Rusatira pour préparer un master ‘réconciliation’

(texte de L. B., titres de la rédaction)

Un programme de visite bien rempli

Ce 1er avril 2016, je partais à la découverte de Rusatira. Après déjà six semaines au Rwanda, la province du Sud était la seule dans laquelle je ne m’étais pas encore aventurée. JPEG - 154.3 ko

Arrivée là-bas, deux représentants du jumelage de Ganshoren-Rusatira étaient ravis de faire découvrir aux Belges en visite (quelle surprise de tomber sur quatre muzungus !) les constructions et projets organisés par cette coopération. Le programme était serré puisque nous avons enchainé les visites des bâtiments administratifs, du centre de santé, d’une école, de diverses maisons et d’une coopérative de culture du riz.

Ecole et familles des projets sociaux, avec une solidarité plus forte qu’ici

Des nouvelles mamans au service de la maternité aux enfants de l’école dansant et chantant en passant par les familles tout juste sorties d’une pauvreté extrême : l’accueil a été plus que formidable. Les Rwandais de Rusatira, s’ils sont très reconnaissants de l’aide que Ganshoren leur fournit, sont aussi contents de voir que des relations amicales existent entre les deux groupes. Après plus ou moins deux mois passés là-bas, j’ai pu constater une différence fondamentale entre les cultures occidentales et rwandaise : l’importance accordée à la solidarité. Selon moi, les Rwandais portent plus d’attention aux autres. Mon expérience à Rusatira l’a confirmé.

Lors de la visite d’un village aidé par le jumelage, subitement et comme cela arrive régulièrement en avril au Rwanda, la pluie s’est mise à tomber. Une grande partie de la population du village s’est alors réunie ensemble dans une pièce pour s’abriter. Les relations semblaient si proches que l’on aurait pu imaginer une très grande famille. Toutes les générations étaient mélangées, chacun jetant un œil sur les plus vieux ou les plus jeunes. J’insiste sur le mot « ensemble ».

Une image positive de la population du Rwanda

Que ce soit à Rusatira ou partout ailleurs au Rwanda, j’ai été très émue de voir à quel point le peuple semble renoué. Pourtant, on sait que l’histoire rwandaise a connu des pages très sombres et il est aujourd’hui très beau de voir à quel point ce pays parait pacifique. Je ne pourrais prétendre admettre que les politiques de réconciliation instaurées au Rwanda après le conflit de 1994 ont été efficaces. Il s’agit juste de constater qu’en tant qu’étrangère, l’image que je me suis construite des Rwandais est positive. Le pays se développe et possède encore de multiples projets pour le futur, les liens familiaux se ressoudent et j’ai l’impression que les jeunes (en tout cas, pour ceux que j’ai rencontré) essayent à tout prix de se libérer du poids du passé.

En conclusion, l’avenir du Rwanda est florissant ! Je le souhaite aussi de tout cœur pour celui du jumelage, pour maintenir la beauté de cette relation entre Ganshoren et Rusatira !

visite des habitations des projets sociaux Béata Mitali et ses visiteuses (Lucie à droite) Enfants à l'école de Maza

Documents joints

Lucie Bricout à Rusatira en 2016

21 mai 2016
Document : PDF
5.9 Mo

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