Jumelage Ganshoren Rusatira
32ème année – n° 10

Octobre 2017

samedi 28 octobre 2017 par Webcomité

Editorial :

 Opération 11.11.11 2017, pour un monde juste et durable

Le 11 novembre approche, avec son désir pour la paix et « pour un monde juste et durable ».

Le slogan est vaste, diront certains, et l’affiche est d’un symbolisme Nord-Sud global. Mais peut-être avec raison.

En effet, les problématiques de notre monde sont de plus en plus générales, et s’enchevêtrent. Ainsi le montant de la Coopération belge diminue, on lui enlève l’aide aux migrants en Belgique. En oubliant que la meilleure aide est d’améliorer les conditions de vie dans les pays d’origine.Opération 11.11.11 pour un monde juste et durablr

Le 12 novembre, dès 14h30, au Zeyp, le Wereldwerkgroep nous propose de mieux écouter les migrants, en les accueillant à leur goûter-crêpes. Venez, c’est l’occasion de réfléchir à ce monde juste, comme nous l’avions fait en rencontrant fin 2015 Geneviève Damas revenue de Lampedusa (cf Jumelage n° 1 de 2016)

Et rassurez-vous, le site de 11.11.11 rappelle que 54 projets sont soutenus grâce à l’Opération 2016 , voir https://www.cncd.be/-Programmes-partenariats- et le projet LIVE de l’ADA, pour lutter contre la pauvreté, est prévu pour être soutenu avec grâce à l’Opération 11.11.11 de 2017.

Gilles Labeeuw.

Réunion du comité du 3 octobre 2017

 Petits projets annuels et autres

Présents : Arlette et Gilles LABEEUW. Monique LEBOUTTE, Josiane ROMPTEAU, Karima SOUISS et Agnès STIERNET

Excusé:Henri CANART

1. Nouvelles de Rusatira : projets, étudiants parrainés du secondaires, boursiers remboursables ens. sup.

  • Reçu 3 e-mails de François Habimana de l’APROJUMAP concernant les petits projets, les projets prioritaires et les bourses d’études remboursables, une lettre du directeur du groupe scolaire de Gafumba et une lettre d’une future étudiante boursière.

  • Petits projets et école de Gafumba : Lors de leur réunion du 5/09 les membres du comité de jumelage ont parlé de l’état d’avancement des petits projets, ils sont en cour d’exécution, sauf celui du groupe scolaire de Gafumba. Cette école avait pensé refaire le toit défectueux d’un ancien bâtiment (ancienne chapelle) pour le réfectoire (les repas de midi sont obligatoires) et ils avaient demandé une aide pour ce projet, nous leur avons envoyé 800 € pour l’achat de tôles, ils s’occupaient du travail. Après une visite effectuée par François et suite aux conseils d’autres partenaires de l’école, les dirigeants ont décidé de ne pas réhabiliter un bâtiment qui devra être démoli prochainement. L’école aimerait utiliser les fonds accordés pour le finissage d’un local des enfants de maternelle ; ce local a été construit par l’initiative des parents, mais il manque les moyens pour le terminer, notamment y mettre un toit. Le directeur nous a envoyé une lettre pour demander notre accord. Le comité n’est pas opposé à ce changement d’affection de fonds, mais aimerait quelques renseignements complémentaires : coût total de la classe de maternelle ; apport local par l’école elle-même, l’implication des parents en financement et en main d’œuvre. [e-mail envoyé à Rusatira].

  • Bourses d’études remboursables : Les premiers boursiers travaillent et remboursent régulièrement une partie de leur bourse. Le comité de Rusatira peut ainsi donner de nouvelles bourses remboursables. Le comité nous fait part de la demande d’une nouvelle étudiante : Olive, elle demande un crédit bourse afin de pouvoir terminer le 1er cycle universitaire infirmière A1, elle a réussi ses 2 premières années avec 70%, en 1ère elle a obtenu une bourse d’étude qui a été supprimée ensuite, ses parents -agriculteurs nécessiteux-ont cherché de tous les côtés pour ne pas interrompre ses études, mais ce n’est plus possible pour la dernière année. Elle demande une bourse de 1.500.000 FRW (+/- 1.500€). Le comité de Rusatira dispose de cette somme et notre comité les encourage à utiliser l’argent des remboursements, c’est l’esprit des bourses d’études remboursables.

2. Projet prioritaire « moyen »

Le comité a reçu 2 descriptifs avec devis, pour répondre à un legs d’une ‘construction’ (cf le mensuel de septembre.).

Le comité a discuté longuement de ces propositions de projets, mais avant de faire un choix et de donner un accord, il aimerait encore quelques précisions :

  • Projet « amenée d’eau potable » : est-il réaliste de prévoir une liaison de 6 km entre les 2 citernes sans aucune pompe ? comment expliciter le fonctionnement entre les 2 citernes Kinazi et Rusatira ? nombre de familles alimentées par chacune dans 4 + 3 villages ? temps nécessaire pour réalimenter la citerne de Kinazi ? rôle de l’umuganda et du travail volontaire (est-il encouragé ou non par des facilités pour utiliser l’eau) ? etc.
  • Projet « amenée de l’électricité à Gafumba » comment s’intègre la partie du jumelage dans l’ensemble du projet qui est beaucoup plus vaste ? pourquoi cette partie n’est-elle pas couverte d’office par le projet ? qui fait réaliser le raccordement ? qui en est propriétaire et qui se charge de l’entretien (chute d’arbres, vandalisme) ?

3. Bilan du Marché annuel

Bon stand, bien installé, peu de monde, public plus intéressé par la brocante que le jumelage, mais 23 cartes signées pour Rusatira. Bénéfice : 63 €

4. Bilan des Petits déjeuners de la Solidarité Nord-Sud

Très bien, plus de personnes que les années précédentes, 119 participants (113 adultes et 6 enfants). L’an prochain insister encore sur la nécessité de réservation pour éviter tout gaspillage.

Recette petits déjeuners 781,30€ : moitié pour 11.11.11 Fr (qui soutient e.a. le projet LIVE de lutte contre la pauvreté), et moitié pour le Wereldwerkgroep qui laisse sa moitié au Jumelage, qui remercie chaleureusement.

Recette du stand de produits Oxfam 209,45 €

Nouvelles de Rusatira-Kinazi

 L’EAU, un enjeu pour Rusatira-Kinazi mais aussi pour l’Afrique et notre Terre !

Le mensuel de septembre décrivait les ‘projets prioritaires’ étudiés à Rusatira pour répondre aux volontés du legs d’un ancien du comité de Ganshoren qui souhaitait soutenir un ‘projet prioritaire’ durable et concret (construction sur le terrain).

Le Comité de Jumelage rwandais continue son analyse, mais voici quelques données qui situent le projet ‘eau potable’.

  • La consommation d’eau potable : 20 l/jour en Afrique, et 18 x autant aux USA !

Le « Belge moyen » utilise environ 100 litres d’eau potable par jour (90 à 105, c’est la ‘consommation des ménages’), et même plus (120 à 133 litre / jour) si on tient compte de la consommation d’eau totale, y compris par les industries. [1]

Aux Etats-Unis, l’Américain moyen a une consommation totale de … 360 litres / jour.

En Afrique subsaharienne, la consommation moyenne est de … 20 litres par jour, soit 1/6 de la Belgique, 1/18 des USA.

Le Belge moyen utilise ses 100 l./jour comme suit = 35 l. pour se laver, 35 l. pour les WC (sic), 14 l. pour lessiver, 7 l. pour la vaisselle, 6.5 l. à usages divers (jardin, voiture, nettoyage) et seulement …. 2.5 litres pour boire et cuisiner !

On voit clairement que les pays du Nord pourraient mieux utiliser les réserves d’eau potable de la planète.

Et on comprend mieux que l’Afrique parvient à utiliser l’eau potable pour les besoins les plus essentiels.

  • L’accès à l’eau potable : des statistiques qui minimisent les réalités en Afrique

Première réaction optimiste en regardant les statistiques mondiales sur l’eau potable (2015), publiées par l’OMS Organisation Mondiale de la Santé [2] et la Banque Mondiale qui gère le Water Sanitation Program WSP [3] :

89% de la population mondiale (6,5 milliards de personnes) a « accès à l’eau potable » (improved water ressources) ! Formidable … Mais en petits caractères, on nous explique que cet « accès » signifie, au mieux, les habitations reliées à un réseau de distribution d’eau contrôlée, comme en Belgique avec des robinets et un compteur personnel, mais aussi, au pire, les habitations où un trajet de 30 minutes aller-retour à pied au maximum est nécessaire pour aller chercher de l’eau. Bref, de 0 m à 500 m de distance du point d’eau, tout est dans la même statistique.

Dans cette statistique, de 1990 à 2015, la Belgique reste à 100% de la population desservie par l’eau, tandis que le Rwanda passe de 59 % à 76 %. C’est mieux que d’autres pays africains, plus vastes et donc difficiles à équiper.

Mais cela signifie aussi qu’aujourd’hui, 1 Rwandais sur 4 parcourt plus de 500 m pour trouver de l’eau potable … Comme c’est une moyenne, il faut penser que dans les zones rurales comme Rusatira-KInazi, il s’agit d’1 habitant sur 2.

  • WASAC, COFORWA : les fortes initiatives pour améliorer l’accès à l’eau au Rwanda

Depuis plusieurs décennies, des initiatives existent pour améliorer l’accès de la population rwandaise à l’eau potable.

Pour desservir les collines, le père Sylvan Bourguet a créé en 1972 la COFORWA (Compagnons Fontainiers Rwandais) pour réaliser des adductions d’eau, des aménagements de source, des formations à la gestion de l’eau. Cette ONG rwandaise, gérée par des Rwandais, a bien grandi et se présente sur le web http://www.coforwaasbl.org/index.php

C’est en 1939 qu’une compagnie, REGIDSEO, est chargée de l’adduction d’eau potable au Rwanda. Elle changera de nom : ELECTROGAZ de 1976 à 2008 (eau, électricité, gaz) puis EWSA (Energy, Water and Sanitation Authority) en 2008, qui créé 2 sociétés publiques REG (Rwanda Energy Grou = gaz, électricité, méthane du gaz Kivu, etc) et WASAC (WAter and SAnitation Corporation) pour la gestion, la distribution, l’entretien, la facturation et l’assainissement de l’eau.

C’est la WASAC qui propose de réaliser le projet d’adduction d’eau Rusatira-Kinazi. Son site www.wasac.rw/ renseigne les nombreux projets en cours et publie ses tarifs (323 FRW/m³ jusque 5 m³, soit 0,35 €/m³ ) qui garantissent l’entretien. Certaines études montrent que les adductions d’eau anciennes doivent être restaurées, car il y a des pertes de 15% dans le réseau (joints, fuites, pompes). Mais il faut nuancer, c’est en partie inhérent au système, et dans nos pays les pertes sont hélas supérieures (France 20% [4], Flandre 25% [5]).

Plus que les pertes, c’est la qualité de l’eau qu’il faut assurer. D’après l’UNESCO, 6 millions de personnes meurent chaque année en consommant de l’eau non assainie, et 6000 enfants meurent par jour à cause des maladies comme la dysenterie, la diarrhée, le choléra, la typhoïde, les vers intestinaux etc., causées par la consommation d’eau sale.

Bref, le projet d’adduction d’eau à Rusatira-Kinazi amènera des améliorations bien utiles à la population !.

Nouvelles de Rusatira-Kinazi

 17 octobre à Rusatira : Fête du Refus de la Misère et des 45 ans du Jumelage

Ce 17 octobre 2017, Rusatira a célébré à la fois la Journée du Refus de la Misère et les 45 ans du Jumelage.

En voici les vues du reportage de la TV rwandaise, avec une synthèse traduite par nos membres kinyarwandophones.

témoignage N°1 TV rwandaise témoignage N°2 TV rwandaise

Il y a eu d’abord les témoignages de personnes sorties de la précarité et de la dépendance grâce aux projets sociaux déjà réalisés. Un homme avec casquette dit qu’il est capable maintenant de mener sa vie lui-même. Par exemple, il peut aujourd’hui payer sa mutuelle de santé lui-même, et ne se cache plus quand il voit les autorités, alors qu’avant il se cachait de peur d’être contrôlé sans mutuelle.

La dame au foulard jaune dit que maintenant elle ne doit plus travailler pour les autres pour recevoir à manger, elle travaille pour elle-même. Dans les projets, elle a beaucoup appris en écoutant ce qu’on enseignait sur la dignité de la personne dans toutes les situations.

remise de vaches danses traditionnelles

Il y a eu la remise de vaches dans le cadre de « prêts circulaires » (remboursés par le premier veau).

Deux Belges étaient présents : Alexis Bosquet (photo, cf grand-mère rwandaise dans Jumelage juillet-aoüt de 2002), et Nathalie Rucquoy de l’ADA, qui a lu les lettres de Ganshoren, avant la finale de danses traditionnelles. Eugène Niyigena octobre 17

Eugène Niyigena arborait pour l’occasion sur son veston les drapeaux unis du Rwanda et de la Belgique.

Il a rappelé que les personnes sorties de la précarité se sont souvent constituées en coopératives. Ils ne font plus l’objet d’un suivi comme dans les projets sociaux, mais disposent de conseils et formations.

Mais le chemin pour éliminer la grande pauvreté est encore long, dit-il, et les gens à aider sont nombreux.

Le projet LIVE contre la pauvreté, à Rusatira-Kinazi et 2 autres zones, est un pas dans la bonne direction.


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